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[Histoire] Chasseur d'hommes (Chapitre 7)

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SimsclownSimsclown Messages: 99 Membre
avril 2016 modifié dans Histoires & Challenges
CHAPITRE 1

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Assis dans la nuit sur un banc isolé de Cherry Blossom Park (*), Ronald Holloway mastiquait pensivement un hot dog. D'aucuns, en le voyant ainsi le regard perdu vers le ciel étoilé, auraient pu le prendre pour un rêveur ou pour un amoureux victime d'un lapin. En fait, nulle image romantique n'occupait son esprit.
Solitaire, il agitait au contraire d'amères pensées :
— Ronald, tu n'es qu'un raté ! A trente-deux ans, te voilà avec pour toute fortune deux Simflouz en poche et un paquet de Cigarette... sérieusement entamé !
Ronald Holloway déposa sur le banc son hot dog à demi plié dans un papier plastifié et alla boire une gorgée d'eau fraîche à la petite fontaine qui gargouillait dans les rochers, entre les buissons.
En regagnant son refuge, il eut la surprise d'y trouver un clochard qui, tranquillement assis, dévorait son sandwich à belles dents.
— Eh bien, ne vous gênez pas ! grommela-t-il en se campant devant le miséreux.
Ce dernier, un vieux chapeau mou cabossé rejeté sur le sommet du crâne, les cheveux grisonnants, la barbe hirsute, levait des yeux surpris vers son interpellateur. En dépit de ses hardes, il n'offrait pas tout à fait l'aspect du clochard traditionnel, au regard vague, à l'air absent ou, parfois encore, hargneux.
Dans la demi-obscurité qui régnait à cet endroit du parc éloigné des lumières de Willok Creek, Holloway évalua l'âge de ce pauvre hère à une cinquantaine d'années, moins peut-être.
Le clochard, après avoir longuement regardé cet homme vêtu avec élégance comparativement à ses vêtements misérables, consentit à parler :
— Me gêner ? Ecoutez, jeune homme. Si ma présence sur ce banc vous déplaît, rien ne vous oblige à m'y tenir compagnie. A onze heures du soir, Cherry Blossom Park doit bien avoir quelques centaines de bancs inoccupés. Vous n'aurez donc que l'embarras du choix pour rêvasser ou...

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Décontenancé par ce langage châtié, assez inattendu chez un clochard, Holloway s'assit à ses côtés, le détailla minutieusement une fois encore et lâcha, après une hésitation :
— Vous ne me gênez nullement et je n'ai effectivement ni le droit ni l'intention de vous disputer ce banc ! Non, ce qui me gêne, c'est que... vous ayez fait un sort à mon sandwich pendant que je buvais à la fontaine...
Ce fut au tour du clochard d'être déconcerté. Son regard allait du sandwich — ou de ce qu'il en restait ! — à son interlocuteur.
Ronald Holloway finit par hausser les épaules avec fatalisme :
— Au fait, ça n'a pas grande importance. Vous avez sûrement plus faim que moi.
Le clochard fronça ses sourcils broussailleux et s'enquit avec un étonnement sincère et peiné :
— Auriez-vous vraiment... faim ? Je suis désolé. Je croyais que ce sandwich avait été simplement abandonné sur ce banc par l'un des innombrables promeneurs de la journée...
— C'est sans importance, monsieur.
A cette marque de déférence, il considéra tout d'abord Holloway avec suspicion, puis il ébaucha un sourire mi-figue, mi-raisin.
— Voilà longtemps qu'on ne m'appelle plus « monsieur », fit-il en donnant à ce mot une intonation sarcastique. Je crois pourtant que vous ne vous moquiez pas.
— Pourquoi me serais-je moqué ? rétorqua Ronald amèrement. Hier encore, j'étais un « monsieur », avec tout ce que cela signifie ou présuppose dans la société. Aujourd'hui, je suis sur la « pente » et prends le chemin de...
— De la misère ? Allons donc ! Vous êtes jeune, très certainement cultivé — cela se voit à votre langage, à vos attitudes — et vous montrez des réactions humaines, charitables.
— Ouais, marmonna Holloway, je suis peut-être et j'ai peut-être tout cela, mais, mais ça ne m'empêche pas d'être fauché et dans la **** !
— Non, fit le clochard avec bonhomie, ne versez pas dans le vulgaire ; l'argot vous va très mal.
Ils s'entre-regardèrent et finirent par éclater de rire. Ronald Holloway, complètement déridé, se nomma et précisa :
— J'ai trente-deux ans et deux Simflouz ! Jusqu'à la semaine dernière, j'étais secrétaire.
— Mon nom est Charles Mawson ; quarante-huit ans et... trois Simflouz ! Me voilà donc plus argenté que vous. Clochard depuis deux ans, j'étais auparavant — me croirez-vous ? — professeur de philosophie. Vous vous demandez sûrement comment j'ai pu en arriver là ?

Il haussa les épaules :
— Par lâcheté, sans doute. Ma femme, un jour, est partie. Bien sûr, me direz-vous, la chose est arrivée à d'autres. Mais j'ai eu la faiblesse de chercher l'oubli, l'évasion dans l'alcool. Je suis rapidement devenu un pauvre type à la conduite incompatible avec le professorat. Les portes se sont alors fermées insensiblement autour de moi. De déchéance en déchéance, je suis devenu un clochard : le monde m'a rejeté. Lâche, velléitaire, je n'ai pas eu le courage de m'y réintégrer.
— Mon histoire est plus simple, Mawson. Nanti de beaux diplômes, je dus faire bien des métiers avant de trouver enfin un emploi décent de secrétaire de direction dans une importante firme de produits alimentaires. La semaine dernière, j'eus la malencontreuse idée de prendre fait et cause pour le personnel mécontent. Après une violente discussion avec le « boss », celui-ci m'a viré ! Résultat, je suis depuis huit jours à la recherche d'un autre job et ce sans avoir un dollar d'économie, ni même un certificat de mon ex-patron !
— Où logez-vous ?
— Ici.
— Vous voulez dire que depuis une semaine vous dormez à Cherry Blossom Park ?
— Non, cette nuit est la première que je passerai à la belle étoile. Hier encore, j'avais une chambre dans un petit hôtel, mais figurez-vous que mon logeur n'a rien d'un philanthrope. Plus d'argent pour payer un mois d'avance, donc, plus de chambre. En outre, le gredin a conservé en gage ma valise et un costume, car je n'ai pas réglé le terme échu !

— Pour ce soir, Holloway, je vous conseille de m'accompagner à l'Armée du Salut. On y est mieux que sur un banc de jardin public ! Et demain, vous irez faire le tour des bureaux de placement pour...
Un bruit de pas précipités interrompit le singulier clochard. Dans l'obscurité, un homme à bout de souffle s'arrêta à moins de trois mètres de leur banc — dissimulé dans l'ombre — pour respirer bruyamment en s'adossant à un arbre.
Le souffle rauque de l'inconnu résonnait dans la nuit. L'homme, exténué, se tenait le côté gauche qui paraissait le faire souffrir et s'épongeait le front en sueur.
Holloway et Mawson se levèrent pour faire un pas dans sa direction. La respiration sifflante de l'inconnu s'arrêta et il se cacha vivement derrière l'arbre en lançant d'une voix sourde :
— N'approchez pas !


(*) Le Cherry Blossom Park est une création de : @Angerouge
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Réponses

  • pytisapytisa Messages: 5,857 Membre
    Ouch... cette introduction est géniale. J'adore!
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  • DaemonyaDaemonya Messages: 5,212 Membre
    Très sympa comme début, j'ai hâte d'en savoir un peu plus ^.^
    Finalement ils ont démarré de façon un peu tendue mais ils s'entendent bien ^^
    En tout cas, ce nouveau venu a l'air d'être dans d'autres types de misères :smirk:
    Fais gaffe... parc'que j'ai une tronçonneuse ! >:)

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  • SimsclownSimsclown Messages: 99 Membre
    Merci a vous deux, j'avais peur que le texte soit trop long à lire.
  • sirhc59sirhc59 Messages: 19,920 Modérateur
    Oh mais voilà qui commence très très bien ! Un récit original, bien écrit... j'ai hâte moi aussi de découvrir la suite :)
  • Caro220283Caro220283 Messages: 2,208 Membre
    Je trouve ça super bien écrit aussi ^^ Bon la suite, au boulot maintenant ;)
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  • chipiecyranochipiecyrano Messages: 1,412 Membre
    Je confirme que cette introduction nous laisse présager une histoire captivante :)
  • LarbreenbouleLarbreenboule Messages: 5,721 Membre
    Un début d'histoire intéressant et très bien écrit ! :smile: Je me demande qui est cet inquiétant personnage qui vient de débarquer... :frowning:
  • SimsclownSimsclown Messages: 99 Membre
    avril 2016 modifié
    CHAPITRE 2

    Holloway et Mawson se levèrent pour faire un pas dans sa direction. La respiration sifflante de l'inconnu s'arrêta et il se cacha vivement derrière l'arbre en lançant d'une voix sourde :
    — N'approchez pas !
    L'intonation n'avait rien de menaçant. Elle donnait plutôt l'impression d'une supplique, d'un avertissement de prudence. Passant outre, Ronald Holloway et Charles Mawson, après avoir échangé un regard intrigué, s'avancèrent puis contournèrent le tronc du pin.
    Un rayon de lune filtrait à travers les branches et jetait une tache pâle sur le visage de l'inconnu aux traits tourmentés par un affolement sans borne. Il paraissait âgé d'environ la quarantaine et respirait encore avec difficulté après avoir couru sans doute très longtemps. Par surcroît, ses yeux cernés, brillants de fièvre et l'incoercible tremblement qui l'agitait trahissaient indiscutablement un état maladif.
    — Ne restez pas ici, exhala-t-il. Pour l'amour du ciel, laissez-moi !
    — Mais, qu'avez-vous ? s'informa Holloway. Etes-vous souffrant ?
    Il fit signe que oui de la tête, reprit sa respiration et recula dans l'ombre avant de répondre :
    — Ma santé n'a plus d'importance... Laissez-moi ; je vous en supplie, éloignez-vous de moi...
    — Ecoutez, mon garçon, intervint le clochard, je ne sais ce que vous entendez par ma santé n'a plus d'importance, mais, à mon sens, vous devriez...
    — Chut ! Taisez-vous ! souffla-t-il en tendant l'oreille.
    Instinctivement, les autres l'imitèrent mais, à l'exception de la rumeur nocturne de la ville et du clapotis de la fontaine proche, ils n'entendirent aucun bruit alarmant.
    — Partez ! Eloignez-vous de moi !
    — Etes-vous en danger ? Auquel cas, pourquoi vous cacher ici au lieu d'aller chercher protection auprès de la police ?
    — La police ! rumina-t-il avec une grimace désabusée. Elle est impuissante à me protéger. Allez, je vous en prie, partez... le plus loin possible. Il ne faut pas... qu'ils vous trouvent avec moi.
    — Qui, ils ? Des... tueurs à gages ?
    L'homme haussa les épaules avec un rictus désespéré :
    On peut échapper à des tueurs à gages... mais pas à eux !
    Il y avait dans sa réponse une telle tristesse, une telle résignation que les autres en furent particulièrement remués. Charles Mawson posa sa main sur le bras de l'inconnu :
    — Venez avec nous. Ne restez pas ici. Nous vous aiderons à...
    L'homme se dégagea brutalement, fit un pas en arrière et sortit de sa poche un automatique. Devant la mine ahurie du clochard et de son compagnon, il eut un sourire crispé :
    — Rassurez-vous ; ces balles ne vous sont pas destinées.
    De sa main gauche, il prit son portefeuille et le tendit à Ronald Holloway :
    — Je ne vous connais pas, mais la situation exige que je vous fasse confiance. Prenez ce portefeuille. Tout l'argent qu'il contient, vous pouvez le garder. Je vous demande seulement de faire parvenir à mon frère la lettre et les papiers qu'il renferme, mais cela pas avant un mois, et ce, quoi qu'il advienne... Ne gardez pas sur vous ce portefeuille ; jetez-le dès que vous aurez mis son contenu à l'abri, dans une banque. Il y va de votre... sécurité.
    — Pourquoi ne feriez-vous pas vous-même parvenir ces documents à votre frère ? interrogea le clochard.
    — Parce qu'il est trop tard. Je vous en prie, insista-t-il en mettant d'autorité son portefeuille dans la main d'Holloway. Maintenant, fuyez !
    Crissant sur le gravier de l'allée, des pas se rapprochaient.
    — Pour l'amour du ciel, chuchota-t-il, vite, laissez-moi !
    Sans plus tergiverser, le clochard prit Holloway par le bras et l'entraîna sur la pelouse où l'herbe étouffa le bruit de leurs pas. A dix mètres de là, ils se tapirent dans les buissons, derrière le rocher dans lequel s'encastrait la fontaine. Accroupis dans l'herbe, ils voyaient l'allée en enfilade et distinguaient l'arbre servant de cachette à l'étrange inconnu.
    Les pas devenaient plus précis. Au tournant de l'allée, trois ombres s'allongèrent, puis trois hommes, en complet veston et chapeau mou, débouchèrent du tournant pour se diriger lentement, en diagonale, droit sur l'arbre entouré de buissons. On aurait pu croire, à leur manège, qu'ils étaient certains d'y trouver leur « proie ».

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    De leur cachette, Ronald Holloway et l'ex-professeur de philosophie perçurent une voix grave, aux inflexions cassantes parfois :
    — Vous étiez prévenu, Dawkins. Vous n'avez pas voulu oublier de votre plein gré le secret que vous avez découvert. Vous avez cru pouvoir nous échapper définitivement en nous faussant compagnie. Depuis lors, vous avez dû consigner par écrit les détails de votre aventure. Donnez-nous cette lettre, Dawkins, car nous savons que vous ne l'avez pas postée...
    Une détonation qui, dans le silence nocturne, fit l'effet d'une bombe éclata, couvrant la voix mystérieuse.
    Holloway et Mawson tressaillirent et se tassèrent davantage sur eux-mêmes. Dans l'écrasant silence qui succéda à la détonation, on entendit un bruit de chute dans les buissons. De leur retraite, ils apercevaient distinctement les silhouettes des trois hommes. Or, ceux-ci n'avaient pas bougé ; ils n'étaient donc point les auteurs du coup de feu. Par ailleurs, aucun d'eux n'était tombé. Ce n'était pas davantage contre eux que l'on avait tiré.
    Les trois hommes s'entretinrent fébrilement dans une langue que ni le clochard ni son compagnon ne comprirent, puis ils se précipitèrent dans les buissons. Un instant plus tard, ils reparaissaient, tirant par les bras le corps de celui qu'ils avaient appelé Dawkins. Penchés sur lui, ils le fouillèrent minutieusement, puis se relevèrent. Ils échangèrent encore quelques paroles incompréhensibles et s'éloignèrent en hâte.
    Allongé sur le bord de l'allée, « Dawkins » gisait sans vie, le bras droit sur le gravier, les doigts crispés sur la crosse de l'automatique.
    — Le pauvre type s'est sui.ci.dé !
    — Et vous êtes en possession de son portefeuille ! Si vous voulez mon avis, Holloway, foutons le camp d'ici en vitesse
    Le coup de feu aura certainement attiré l'attention d'un policeman ou simplement de l'un des nombreux couples qui hantent Cherry Blossom Park la nuit.
    A travers les buissons, marchant sur les pelouses et suivant les zones obscures, ils s'éloignèrent rapidement du lieu du drame incompréhensible dont ils venaient d'être les témoins.
    — Où allons-nous ? chuchota Mawson.
    — Il serait bon, je crois, d'aller à mon petit hôtel. Le malheureux que le hasard a placé sur notre chemin va me permettre, grâce au don de l'argent contenu dans son portefeuille, de régler à mon logeur ce que je lui dois. Par la même occasion, vous prendrez vous aussi une chambre dans cet hôtel.
    — Et vous pensez qu'avec mon élégance on va nous accueillir à bras ouverts ?
    Cette remarque pertinente contraria Ronald Holloway. Il réfléchit un instant, puis :
    — Vous allez m'attendre dans un petit bar de Willow Creek le Central Perk
    Mon hôtel est tout proche. Payé, mon logeur me restituera ma valise et mon costume. Nous avons à peu près la même taille, vous et moi. Mon costume vous ira ; vous vous changerez dans les toilettes du Central Perk. D'accord ?
    — Certes ; toutefois, Holloway, quel besoin avez-vous d'agir ainsi ? Rien ne vous oblige à me faire bénéficier de...
    — Ne perdons pas de temps, professeur !
    Rendez-vous au Central Perk vers minuit.

    Une heure plus tard, Holloway retournait à son hôtel en compagnie du « professeur » Charles Mawson métamorphosé. Le costume offert lui allait effectivement fort bien. Tout au plus le gênait-il un peu aux entournures, mais ce détail, pour l'heure, était sans importance.
    D'une voix grasse, le « patron » de Hôtel indiqua le numéro de la chambre louée — et payée pour un mois — à ce nouveau client et lui tendit une clé. Il regarda ensuite l'ex-clochard et Ronald Holloway emprunter l'escalier, puis se replongea dans la lecture d'un journal en tétant laborieusement un niñas qui répandait une odeur abominable.

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    La chambre de Mawson était voisine de celle d'Holloway. Ce dernier invita son compagnon chez lui et déposa sur une table au tapis usé un gros sac en papier kraft duquel il retira des boîtes de bière et une ample provision de hot dog. Tout en dévorant ces sandwiches, les deux hommes étalèrent le contenu du portefeuille sur le lit et commencèrent à en faire l'inventaire. L'alignement des bank-notes leur coupa le souffle : sept coupures de cinq cents Simflouz et trente coupures de cent Simflouz.
    — Nom d'une pipe ! s'exclama Mawson, les yeux rivés sur les rectangles verts. Six mille cinq cents Simflouz ! C'est une véritable fortune !
    Holloway en avala d'un trait une boîte de bière et, à demi congestionné, bredouilla :
    — Je... je n'ai jamais vu autant d'argent, Mawson !... Et je ne vous cache pas que, maintenant, les circonstances au cours desquelles il nous a été donné m'inquiètent passablement.
    Mawson parcourut la carte d'identité, puis la lui tendit.
    — John Dawkins, lut-il, né le 17 avril 1981 à Oasis Prings.
    « Dawkins, réfléchit-il. J'ai déjà entendu ce nom-là. Cela vous dit quelque chose, Mawson ?
    L'autre arrondit les épaules avec une moue d'ignorance.
    Holloway palpait, tournait et retournait entre ses doigts l'enveloppe destinée au frère de la victime et portant, écrit à la main : Mr. Alfred Dawkins, Willow Creek. Parmi d'autres papiers et cartes de visite se trouvaient plusieurs photos d'amateurs. L'une d'elles représentait John Dawkins aux côtés d'une jeune femme et d'un homme qui lui ressemblait particulièrement.

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    — Le frère de John Dawkins probablement, nota Holloway. Il existe entre eux plus qu'un air de famille.
    Un second cliché montrait un groupe d'hommes en civil et d'officiers supérieurs de l'U.S. Air Force photographiés devant un chasseur à réaction au « nez » effilé comme une aiguille. Dans le groupe, ils reconnurent formellement les frères Dawkins. Derrière eux, l'on apercevait des hangars et un immense bâtiment. Une partie de son enseigne aux lettres énormes était visible : Dawkins Aircr...
    — Naturellement ! s'écria Ronald Holloway. J'étais sûr d'avoir entendu ou lu ce nom-là quelque part. Il s'agit de la Dawkins Aircraft Corporation, d’Oasis Prings. Vous savez, les frères Dawkins, constructeurs d'avions ? La presse en a longuement parlé le mois dernier à propos de la disparition mystérieuse de John Dawkins.
    — Notre suicidé serait donc ce John Dawkins dont la disparition est demeurée une énigme ? On avait craint un enlèvement de la part des Puissances étrangère, pour exercer un chantage sur le Président, mais c'était donc autre chose !
    L'ex-clochard fit la grimace :
    — Mauvais, ça, très mauvais. D'ordinaire, il n'est pas indiqué de se trouver mêlé à une affaire intéressant la police. Mais quand le F.B.I. est dans la course, alors là, c'est pire encore !
    — Et s'il s'agissait d'un règlement de comptes ?
    Un règlement de comptes ? Allons donc ! Je vois mal ce milliardaire se suicider pour échapper à un règlement de comptes ! Non, Ronald, cette affaire nous dépasse et nous ferions bien de laisser tomber...
    — Les dernières volontés d'un moribond — ou presque ! — sont sacrées, Mawson. Avant de se suicider, Dawkins a exprimé le désir de voir le contenu de son portefeuille et notamment cette enveloppe remis à son frère. Je respecterai cette ultime volonté.
    — Et vous aurez raison, abonda Mawson. Toutefois, je vous conseille d'expédier le tout à son destinataire en effaçant au préalable nos empreintes sur l'enveloppe, la carte d'identité, le portefeuille et les photos que nous avons touchés.
    — John Dawkins a insisté pour que ces documents ne soient remis à l'intéressé que dans un mois.
    — Je ne comprends pas ce ****. Le pauvre type avait l'air terrorisé mais, aussi, fichtrement malade. Par ailleurs, il semblait convaincu de l'impuissance de la police à le protéger du danger qui le menaçait.
    — La réponse à cette énigme se trouve probablement dans cette lettre, émit songeusement Holloway. Dites, Mawson, pensez-vous que nous puissions, sans abîmer l'enveloppe, la décacheter à la vapeur ?
    — Hum ! Hum ! rumina le « professeur ». Vous savez, Ronald, je n'ai jamais eu l'âme d'un détective et je répugne à me lancer aujourd'hui dans ce viol de correspondance !
    — D'accord. Néanmoins, si nous respectons le délai d'un mois exigé par le désespéré, nous risquons d'entraver la marche de la justice. Car il ne fait pas de doute que cette affaire relève de la justice. Rappelez-vous les paroles de l'un des trois hommes mystérieux : Vous étiez prévenu, Dawkins. Vous n'avez pas voulu oublier le secret que vous avez découvert. Vous avez cru pouvoir nous échapper. Depuis, vous avez rédigé par écrit les détails de votre aventure. Donnez-nous cette lettre que vous n'avez pas encore postée.
    « C'est à peu près ça, si j'ai bonne mémoire ; une seconde plus tard, sans même répondre, l'homme traqué se tirait une balle dans la tête.
    « Donc, si nous ne remettons cette lettre que dans un mois à Alfred Dawkins, d'ici là, les trois lascars à chapeau mou peuvent faire irruption chez lui et exiger la lettre qu'il n'aura pas reçue et dont il ignorera même l'existence. Je crois opportun de le mettre en garde, par un coup de fil anonyme, lui enjoignant de s'entourer de précautions. Connaissant les termes de cette lettre, nous pourrions peut-être lui éviter certains désagréments en vertu du principe qu'an homme averti en vaut deux.
    — Oui, mais les autres sont trois ! ironisa Mawson. Vous êtes majeur, Ronald, faites comme vous l'entendez. Mais je désapprouve, une fois encore, ce viol de correspondance.
    Holloway hésita puis, refoulant ses scrupules, il alla placer sur le réchaud à gaz une casserole d'eau. Au bout de cinq minutes, l'eau, portée à ébullition, dégagea des volutes de vapeur au-dessus desquelles fut maintenue l'enveloppe. Lorsque le dos de l'enveloppe fut suffisamment humecté par la vapeur, Holloway souleva prudemment à l'aide d'un canif le triangle de papier gommé. Après plusieurs essais, il parvint à décacheter l'enveloppe sans avoir déchiré le rabat. La lettre retirée, l'enveloppe fut mise à plat et ouverte sur la table. Ronald Holloway déplia la feuille manuscrite et lut à haute voix :


    Post edited by Simsclown on
  • chipiecyranochipiecyrano Messages: 1,412 Membre

    Arfff bien joué @Simsclown pour cette fin de chapitre tu nous tiens littéralement en haleine ;) Mais pourquoi Ronald n'écoute t-il pas le professeur Mawson ne devine t-il pas que cet homme est quelqu'un de sage .... Je pense que malheureusement pour eux maintenant cela va être le début de vrais ennuis! Merci pour cet excellent début d'histoire :)
  • sirhc59sirhc59 Messages: 19,920 Modérateur
  • DaemonyaDaemonya Messages: 5,212 Membre
    Je suis d'accord avec Mawson moi, faut pas fourrer son nez où il faut pas, ils vont s'attirer de gros ennuis... :#
    Bizarres ces types quand même, je me demande de quel secret ils parlent :smirk:
    Fais gaffe... parc'que j'ai une tronçonneuse ! >:)

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  • SimsclownSimsclown Messages: 99 Membre
    @chipiecyrano et @sirhc59 : effectivement les ennuie commence.

    @Daemonya : un indice vue que cela sera révéler dans le prochain chapitre, il y a des choses qui semble naturelle dans les sims 4 mais ne le sont pas IRL.
  • LarbreenbouleLarbreenboule Messages: 5,721 Membre
    En ouvrant la lettre, Holloway va au-devant de gros ennuis, c'est sûr... :grimace:
    Il ne reste plus qu'à attendre le prochain chapitre pour connaître le secret de Dawkins :wink:
  • pytisapytisa Messages: 5,857 Membre
    Hé! mais ce n'est pas bien de couper là... :grimace:
    J'adore l'ambiance que tu mets dans ton récit, l'énigme est tragique et tellement bien amenée. Tes personnages sont vraiment très intéressants. Oh il me tarde de découvrir la suite :p
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  • SimsclownSimsclown Messages: 99 Membre
    Merci, par contre j'ai fait une grosse erreur sur l'image aux chapitre deux , l'image donne impression que la chambre et aux rez de chaussé or pour la suite de l'histoire que j'ai écrit j'ai besoin qu'elle soit aux 2éme étage du coup vais devoir changer image. Je posterais surement la suite ce soir.
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